Le Carnet de Gnoe (particule élémentaire)

Un Gnoe est une particule élémentaire douée d'intelligence, sans matérialisation physique, qui se croit extra-ordinaire et qui pense venir d'un autre univers. Les Gnoes ont développé une technologie luminaire et sont susceptibles d'avoir un avis sur tout.

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12 mars 2005

La disparition



La particule élémentaire Gnoe a disparu suite à un petit accident domestique sans conséquence.
Ceci est probablement la fin de son carnet. Elle était là pour partager la stupidité et le ridicule de l'univers, pour l'importance folle qu'ils se donnent.

"Tout à coup le moribond se dressa sur ses deux poings, jeta sur ses enfants effrayés un regard qui les atteignit tous comme un éclair, les cheveux qui lui garnissaient la nuque remuèrent, ses rides tressaillirent, son visage s'anima d'un esprit de feu, un souffle passa sur cete face et la rendit sublime, il leva une main crispée par la rage, et cria d'une voix éclatante le fameux mot d'Archimède: Euréka!"
Balzac La recherche de l'absolu

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28 janvier 2005

Ceci est un Gnoe




                                                      .




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27 janvier 2005

La vache



Des vaches minuscules et blanches sont tombées en silence,
Elles sont passées dans la lumière des lampadaires de ma rue.
Le troupeau était immense, il en arrivait sans cesse des vaches.

Une s'est posée entre ses deux yeux qui louchent.
Sous son nez elle lui a paru encore plus bovine.
C'est alors qu'elle s'est mise à fondre, la vache!

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25 janvier 2005

Sous la peau

Sa bouche était dans la perspective de deux barres de métro, les barres pour se tenir. L'interstice définissait une sorte de cadre. Elle avait des lèvres presque rouges qui ressortaient sur son teint presque froid. Le bonnet rose qui laissait s'échapper vers l'avant quelques mèches de cheveux cachait délicatement ses oreilles. Chacun de ses sourires tendait doucement la peau de ses lèvres et laissait apparaître des dents plutôt vertes. Son amant beaucoup plus vieux qu'elle, lui parlait alors au niveau de l'oreille, au travers de la laine du bonnet. Elle souriait comme s'il venait de lui dire des choses entendues, des mots qu'elle seule pouvait comprendre. La barre du métro me cachait une grande partie de son visage et c'est tout juste si je distingais sa bouche. Elle souriait dans l'intimité du métro. Pour lui tout seul. Pendant tout ce temps la musique avait continué. Elle souriait et se retournait vers la vitre pour lui dire qu'elle en avait assez entendu. Lui continuait à bouger ses lèvres et il essayait de cacher son mouvement d'approche vers elle dans le balancement du métro. Peut être qu'à un certain moment il a touché de sa bouche son bonnet rose. Dans cette perspective je ne pouvais regarder que ses lèvres. Et dans un mouvement de hanche, elle est revenue vers son visage. Un peu plus près de lui, elle était à sa portée pour le baiser qu'il tarda à lui donner. Elle approcha doucement sa bouche de la sienne et ils se collèrent sans haine dans un baiser. Un baiser qui devait se terminer tout de suite. A peine avait elle posé ses lèvres sur les siennes que dejà elle les retirait. Ils se sont quittés là en brisant ma délicieuse perspective, juste là devant moi quand la porte s'est ouverte. Ils ont disparu dans le flou de ma mémoire morte. Seule est restée la couleur de ses deux lèvres presque rouges dans ma perspective de barres de métro.

Posté par gnoe à 17:20 - La vie de Gnoe - Commentaires [0] - Permalien [#]

21 janvier 2005

Madame Certane

D'un coup d'épaule il pousse la porte et se faufile dans le hall de l'immeuble. Devant lui à droite, les boîtes aux lettres sont toutes envahies de publicités: Des pizzas livrées mais la deuxième est gratuite à emporter, le plombier ou le serrurier au cas où. Une carte de serial killer propose même ses services en toute discrétion. Il se presse de redistribuer ses papiers publicitaires dans les boîtes des voisins, surtout dans la boîte de madame Certane. Chaque fois qu'il en a l'occasion, il esssaie de polluer au maximum la boîte de madame Certane. Là il est un peu à sec, il fouille dans ses poches et trouve deux vieux mouchoirs et des tickets de métro qu'il glisse comme si de rien n'était dans la fente. Mon artichaut, enfin le pauvre type chez qui j'habite, n'aime pas beaucoup cette vieille flasque de madame Certane.

Un chat miaule dans le couloir. L'artichaut habite au 7ème étage mais comme chaque soir il s'arrête d'abord au 3ème. Il sort de l'ascenseur et va sonner à la porte de droite, chez madame Certane. Comme chaque jour, elle ouvre la porte en demandant d'une voix totalement douce et agréable:
-Qu'est ce que c'est ?
Alors lui dans un éclat de rire et avec toutes ses forces, il lui envoie une grosse gifle en pleine figure en s'écriant:
-Ta gueule vieille vache!
La figure rougie madame Certane s'écrit :
-Oh !!
Elle peste contre la jeunesse et referme la porte à double tour. Lui il reste un petit moment plié de rire devant la porte. Il essaie de résister au fou rire en se tenant sur la porte de la flasque. Celà peut durer quelques minutes où le rire ne cessera pas. Il rit aussi parce qu'il sait que dès demain madame Certane aura tout oublié et il pourra recommencer comme ce soir. Un bon moment de rigolade. Comme chaque soir, il finit par monter au 7ème étage par les escaliers en riant encore aux éclats. Arrivé sur son palier, il se penche à la rampe et hurle d'une voix sourde à destination des étages plus bas:
-Ferme ta gueule vieille vache! Ah ah ah...

Ce soir là, il ouvre la porte de l'appartement. Tout est calme, rien à signaler. Une soirée normale s'annonce. Il mange rapidement, des oeufs et du fromage. Il écoute la radio, il prend un bain et se brosse les dents. Nu il se dirige vers le lit. Là, c'est un choc. Dans le lit, entre la couette et le drap il y a une fille. Une fille nue d'une beauté exceptionnelle. Des cheveux magnifiques. C'est une blonde et une brune avec des reflets roux. Sa bouche est pulpeuse, avec des lèvres fines et épaisses. Ses yeux changent de couleur quand on s'en approche. Ses seins sont parfaitement dessinés. Il suit les courbes de son corps sous le drap. Un morceau de fesse est à l'air. Il ne sait pas comment cette beauté a pu arriver ici, dans son lit. Mais qu'importe, il esquisse un sourire. Il se couche tout contre elle et éteint la lumière.

Horreur, parole de particule élémentaire, j'avais bien vu moi que c'était Madame Certane.

Posté par gnoe à 00:17 - La vie de Gnoe - Commentaires [1] - Permalien [#]



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